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Wanegaine Tching Tchong

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9 Décembre 2012 , Rédigé par Battì Publié dans #Yangzhou, #Archi - urbanisme

A mon arrivée à Yangzhou, ne connaissant rien ni personne, j’étais parti me promener un peu au hasard. Et, coup de pot, ce premier contact m’emmenait dans l’authentique centre ville. Par la suite, j’ai découvert d’autres centres. Le moderne, avec restaurants, centres commerciaux et magasins franchisés. Mais surtout, le centre historique, avec ces vieilles bâtisses qui courent le long de Dong Guan Jie. Quel émerveillement pour mes yeux ébahis ! De courte durée, hélas. Car mon œil bionique de baroudeur manquant de sommeil a repéré des anomalies. Quid de ces prises électriques toutes neuves ? et ces trottoirs trop parfaits, d’où ils sortent ? Quand on a vu la vraie ville chinoise, crapoteuse et bordélique à souhait, ce centre médiéval immaculé ne peut qu’éveiller les soupçons du promeneur aux aguets. Et pour cause : tout est faux. Ce centre « médiéval » est neuf, tellement neuf qu’il n’est même pas terminé. Les bulldozers et les pelleteuses transforment les quartiers populaires. Frappée d’alignement, la famille se reloge dans une tour tellement plus moderne et confortable. Sa maisonnette, construite des mains du père, du grand-père, de leurs frères et de leurs voisins, elle est rasée. A la place, on construit du resort haut de gamme et de la boutique de souvenirs.

 

12--decembre 2311

Une authentique vieille baraque

 

 

12--decembre 2312

Une version intermédiaire

 

 

12--decembre 2313

La vraie ruelle

 

 

12--decembre 2318

La fausse ruelle, bien plus large, avec signalisation bilingue

 

 

Quand j’ai compris, je n’ai plus eu qu’une envie : voir la frontière, la ligne de contact entre les demeures anciennes et leurs remplaçantes. J’ai marché, guidé par le bruit des moteurs diesel et les couinements métalliques caractéristiques. J’ai dû avancer, bifurquer, tourner, revenir, pour à chaque fois buter sur un mur, au sens propre. Les rues sont fermées. Quand on suit le bruit du chantier, on finit toujours par tomber dans un cul de sac. J’ai l’impression d’être dans Dark City.

 

12--decembre 2314

You shall not pass !

 

 

12--decembre 2315

Essaie encore une fois

 

 

Au-dessus de ces clôtures, on peut parfois apercevoir la partie supérieure d’un treuille ou d’une grue. Parfois, après un grand fracas, on voit s’élever un nuage de poussière ocre. Puis j’ai fini par trouver une rue encore ouverte. Un oubli ? Toujours est-il que j’ai vu cette fameuse frontière...

 

 

12--decembre 2319

Du passé faisons table rase

 

 

Sur les chantiers, pas de palissades, pas de contremaitre braillard qui vous vire avec pertes et fracas. On peut se promener dans la gadoue. C’est tout juste si on vous remarque.

 

 

12--decembre 2322

Fondations et ossature modernes, à base de métal.

 

 

12--decembre 2330

Greffe de parpaings

 

 

12--decembre 2334

Y a plus qu’à couvrir le tout et appeler un bon menuisier.

 

 

12--decembre 2325

Toutefois, certains bâtiments ne permettent pas de tricher autant qu’on le voudrait.

 

 

12--decembre 2326

Du vrai travail à l’ancienne, sauf qu’on a prévu les branchements pour les néons.

 

 

12--decembre 2328

Un métier qui m’aurait plu, ça...

 

 

12--decembre 2329

Comme en Inde, il y a beaucoup de femmes sur les chantiers. Ici elles traitent le bois et le peignent.

 

 

Au final, on obtient des quartiers étranges. Tout semble vieux, mais ça sent le neuf. Il n’y a pas d’habitations. Impossible d’y croire.

 

12--decembre 2333

Un quartier qui vient d’ouvrir au public. Je l’ai vu avancer tout au long de l’année.

 

 

12--decembre 2335

Une place, avec une scène aménagée. On y joue une pièce de théâtre.

 

 

12--decembre 2339 

J'étais venu pour photographier le sol, mais j’ai mal choisi le jour.

 

 

12--decembre 2340

L’horreur absolue. Mais au moins vous savez comment s’écrit « avocat », maintenant.

 

 

12--decembre 2342

Le gros œuvre est terminé, mais tous les locaux ne sont pas encore occupés. Effet « ville fantôme » garanti.

 

 

C’est une architecture du cloisonnement. Tout est fermé, fermable, délimité. Si bien que parfois, on ne sait pas si on a le droit d’entrer dans certaines ruelles désertes. C’est qu’il pourrait s’agir d’un espace privé. On y trouve généralement des cours silencieuses, figées dans une sorte d’harmonie désuète et sinistre. Les jardins trop parfaits sentent plus la mort que la vie. Puis un vigile finit par vous trouver. Donc oui, cette ruelle était privée, c’était une voie d’accès à un restaurant luxueux.

 

12--decembre 2344

 

Parfois, des passerelles de bois surplombent les têtes. Elles jaillissent de derrière un haut mur pour plonger derrière un autre haut mur. Elles permettent aux clients de l’hôtel neuf étoiles de se rendre au spa sans avoir à se mêler au petit peuple et aux touristes.

 

12--decembre 2324

Si j’habitais du côté gauche de la rue, je commencerais à faire mes cartons.

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