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Wanegaine Tching Tchong

Haut de gamme dans les bas étages.

19 Septembre 2011 , Rédigé par Battì Publié dans #L'université de Yangzhou, #Musique, #Flûte

Je suis à mon bureau, éclairé par ma petite lampe, en train de corriger des copies, quand j’entends s’élever une douce musique. Une flute, toute seule, chante dans la nuit. J’arrête ma musique postmoderne et j’écoute. Je me lève, je vais à ma fenêtre et je scrute, et j’écoute.

 

Flute

 

A un balcon, quelque part en face de mes fenêtres, un étudiant joue. Il est assis, seul dans l’obscurité, et il joue des mélodies probablement centenaires. C’est lent, puis rapide, grave puis enjoué. Si les bergers chinois jouent du flûteau, ça doit ressembler à ça. C’est de la musique pleine de nénuphars, de bambous et de libellules. Les airs transpirent la mélancolie et l’optimisme.

 

Quand il termine un morceau, j’aperçois un cadran de téléphone portable qui s’illumine. Le temps de répondre à un SMS et il s’y remet. Devant moi, toutes les fenêtres sont éclairées. Je vois des dizaines de gamins connectés à internet, en train de chatter ou de télécharger, ou de buter des zombies. Et au milieu de toutes ces scénettes quasi identiques, d’une tâche d’obscurité jaillit une espèce d’anachronisme sonore. Je me dis que c’est toute la Chine qui est résumée sous mes yeux et dans mes oreilles, et immédiatement je trouve ma réflexion d’un convenu navrant.

 

En bas, des étudiants vont et viennent en papotant, en riant. Mais sur une vingtaine de mètres, ils se taisent et lèvent les yeux. Le jeune là-haut a imposé le silence sur un petit tronçon de la large allée.

 

Il s’arrête et rentre. Je retourne à mes copies et à mon Electro Trash Metal.

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