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Wanegaine Tching Tchong

Soirée bière-foot

22 Octobre 2012 , Rédigé par Battì Publié dans #Visites, #Nankin, #Sport

Pour une première fois, je savais pas trop à quoi m’attendre.

J’ai compris dès le métro. A l’approche du terminus, soit la station du complexe olympique, la rame était bondée. A la sortie, pareil, noir de monde. Comme en Europe, de nombreux stands sont dressés aux abords du stade. Boustifaille, boissons, écharpes, maillots contrefaits... Des gars patrouillent, proposant des places au noir. J’ai même pas pensé à demander le prix. D’interminables files d’attente piétinent vers les guichets. La vache, on a bien fait d’acheter nos places à l’avance !

 

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17h30. Le match commence dans deux heures et dix minutes.

 

Il faut comprendre : c’est l’affiche, la vraie, la belle, l’immense. Le deuxième reçoit le premier et champion en titre. Canton visite Nankin. Enfin Guangzhou visite Nanjing...  va falloir vous faire aux noms chinois. D’ailleurs le club de Nanjing ne porte pas le nom de la ville mais de la province, suivi du nom du sponsor, ce qui donne Jiangsu Shuntian. Ils sont tout de bleu vêtus, comptent l’effectif le plus stable du championnat, et sont dirigés par le même entraineur pour la deuxième saison consécutive, ce qui est une longévité exceptionnelle ici. Conséquence directe de cette stabilité, le club effectue une saison remarquable, récompensée par une magnifique deuxième place (en attendant mieux), et une qualification dores et déjà acquise pour la prochaine Ligue des Champions.

 

Ils reçoivent donc, à deux journée de la fin, le champion en titre et poids lourd incontesté de ce championnat : le Guangzhou Evergrande qui vient de se faire éliminer en quart de la Ligue des Champions, au terme d’une confrontation riche en rebondissements. Leur entraineur est italien, il s’appelle Marcello Lippi.

 

C’est donc une soirée de gala, et les 62000 places sont toutes vendues. Il y a de l’électricité dans l’air. A l’ouverture des portes, les gens marchent, accélèrent, marchent de plus en plus vite... ils courent. La raison ? Tarif unique et placement libre. Je savais même pas que ça se faisait encore. C’est donc la guerre aux bonnes places.

 

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En arrivant par la porte est du parc olympique.

 

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Et puis ce qui est chouette, c’est que seulement un quart des portes sont ouvertes : c’est la cohue pour entrer.

 

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Tout au fond, à droite, les trois malheureux portiques détecteurs de métaux.

 

Complètement engorgé. Les gens venus avec des gosses ne savent pas comment faire. Certains paniquent un peu et rebroussent carrément chemin. Le service de sécurité est complètement dépassé, le flot humain pousse les gens à travers les portiques, c’est tout juste si le contrôle des billets est effectué.

 

Le bon côté, c’est qu’il s’agit d’un stade moderne, et la visibilité est vraiment excellente, où qu’on soit. Malgré la piste d’athlé.

 

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A droite, monsieur Cheng, qui a acheté les places pour nous tous.

 

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Debout pour l'hymne national

 

Le public n’en peut plus d’attendre, et une clameur s’élève à l’entrée des soigneurs. Puis le protocole commence, arrivée des joueurs et des arbitres, levée du drapeau et hymne national, coup d’envoi, et but. Les bleus ont ouvert le score au bout de huit secondes, c'est le but le plus rapide de l'histoire de la compétition.

Je pense que plusieurs milliers de spectateurs ont manqué le but, encore coincés aux entrées. Au coup d'envoi, il y a des places libres, quelques minutes plus tard, le stade est plein, archi-plein.

 

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Soit il y a eu double billetterie, soit il y a des resquilleurs. Ou les deux à la fois, peut-être...

 

Le public chinois a la « positive attitude » chère à Lorie et Raffarin. On applaudit tous les gestes, offensifs et défensifs, réussis par les bleus. On ne hue pas, on ne siffle pas.

Quand l’équipe maison encaisse un but, on chante immédiatement des encouragements.

 

Le résumé en anglais, par CCTV.

 

J’ai initié mes voisins de tribune aux huées, aux sifflets, à l’insulte arbitrale. C’est un langage du corps qui s’affranchit de la barrière de la langue. Ils comprennent très bien. A la fin, certains maitrisent même le geste pour réclamer un carton. J’ai encore fait du bon boulot, je suis un pédagogue né.

A noter qu'ici, la sécurité n'est pas assurée par des stadiers, mais par des soldats. Ça calme.

 

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Le coup de sifflet final approche : déploiement au pas de gymnastique.

 

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Néanmoins, à la fin du match, des bleus viendront jeter des bouteilles (en plastique) sur les rouges. Rien de bien méchant.

 

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Su le flanc du parcage visiteurs, cinq rangés de soldats immobiles. Les bouteilles passent au dessus d'eux, ils ne bronchent pas. Mais j'ai dans l'idée que si un maladroit vient à effleurer un militaire, les hommes en treillis chargent, avec carte blanche quant au choix de la proportion de la riposte. Je vois que ça pour expliquer leur sérénité.

 

La soirée se poursuivra dans le Nanjing by night, avec moult boissons, discussions enflammées, pas de danse et déhanchements, brochettes de poulet, clope fumés à la chaine... pour un dimanche comme on les adore.

 

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Le point à deux journées de la fin :

 

CSL

 

Addendum : le sort est scellé. Ce week end, Nanjing n'a fait que 0-0 face au Beijing Guoan. Dans le même temps, Guangzhou s'imposait, et conservait ainsi son titre. Une ligne de plus au palmarès de Lippi. Et reste encore la finale de la coupe à disputer. Mais les ambitions du club sont continentales, et sur ce plan, il reste du boulot.

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Apar 09/11/2012 20:25

Tiens, une autre chronique, en nettement moins poilant, qui a les honneurs de Libé :
http://nankin.blogs.liberation.fr/chine/2012/11/duel-au-sommet-au-stade-olympique-de-nankin.html

Un point commun néanmoins, personne n'en a rien à cirer de nous communiquer le score...


(la carte de crédit dans le disjoncteur, c'est celle du compte courant ?)

Battì 10/11/2012 04:46



Merci pour le lien, Apar ! J'ai posté un commentaire pour faire la promo de mon blog, des fois que Libé veuille m'embaucher.


 



Florian 27/10/2012 19:51

Bon, l'ambiance est bien mieux retracée que dans l'équipe mais même pas de notes des joueurs, un résumé du match succinct et l'absence remarquable du résultat du match. La presse sportive n'est
plus ce qu'elle était. Et pour ce qui est de la troisième mi-temps, on nous allèche avec un mini teaser en fin d'article et ... peau de zob, rien, pas de sexe, pas de violence, pas de gueule de
bois détaillés !!! Si la qualité de ce blog continue à baisser comme ça, je résilie mon abonnement.

Battì 28/10/2012 03:15



Monsieur je vous rappelle que la presse va mal ! Les journalistes sont pressés comme des citrons (ha ha !) et doivent faire plus avec toujours moins. (et je te ferais dire que le résultat est
dans le résumé vidéo que j'ai savamment inséré, parce que je vis avec mon temps).


Pour te situer la nuit, une anecdote :


Je dormais dans un hotel, un moderne, où on n'a pas de clé mais une espèce de carte magnétique. A l'intérieur de la chambre, ladite clé doit être insérée dans une espèce d'interrupteur qui fait
office de disjoncteur général de la chambre. Bon bah le dimanche, quand je me suis levé, j'ai vu ma carte de crédit dans le mini-disjoncteur.