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Wanegaine Tching Tchong

El condor tose

6 Septembre 2013 , Rédigé par Battì Publié dans #Pérou, #Arequipa, #Pichu Pichu, #Misti, #Ubinas

Je vais faire un gros hors sujet, juste pour mon plaisir perso. Un plaisir mâtiné de nostalgie, suscité par l'actualité.

Buvant mon café en lisant les nouvelles sur le site du Monde, mon regard volait de catastrophes en licenciements, de découvertes scientifiques improbables en promesses électorales exotiques. Et puis a eu lieu un étrange phénomène cognitif : j'ai tilté. J'espère que quelque part dans le monde, des chercheurs étudient le phénomène. C'est quoi tilter ? Pourquoi on tilte ? Comment ?

L'article était en fait une vidéo, celle d'une éruption volcanique au Pérou. La belle affaire : ce pays compte plus de volcans actifs que de footballeurs professionnels. Mais je sais pas comment, je sais pas pourquoi, alors que j'avais déjà cliqué vers de nouvelles infos, le nom du volcan s'est mis à me tourner en boucle dans la tête.

Ubinas.

" Putain, Ubinas, pourquoi je connais ce nom ? C'était quoi les volcans autour de chez moi, déjà ? Attends, il y avait le Misti, le Pichu Pichu... et le plus haut c'était comment ? C'était pas Ubinas, c'était quoi ? ... Le Chachani !

Bon, donc le Ubinas n'est pas l'un des volcans qui entourent Arequipa. Mais alors pourquoi ça me parle ? "

Et là pouf ! Instantané. C'est celui qu'on voyait au bout des salines quand on a fait l'ascension du Pichu Pichu !

Ni une ni deux, je vais sur Google maps, check, yallah putain c'est ça ! Je me souviens de lui !

Tadaaa ! Qui c'est le boss de la mémoire ?

Tadaaa ! Qui c'est le boss de la mémoire ?

Et là que de souvenirs ! Submergé, que je fus. Parce que même si ça ne s'est pas super bien passé là-bas, même si j'ai avancé la date de mon départ, même si tout ne fut pas rose, il y a eu de belles rencontres et de bons moments. Dont l'ascension d'un 5000, mon premier et probablement dernier.

Il paie pas de mine, comme ça, mais on en a chié !
Il paie pas de mine, comme ça, mais on en a chié !

Il paie pas de mine, comme ça, mais on en a chié !

J'étais monté là-haut avec Caroline, ma collègue et co-loc'. Nous étions guidés par Edwyn, un étudiant en géologie. Je ne sais plus s'il était Quechua ou Aymara. Toujours est-il qu'il crapahutait à 5000 mètres d'altitude comme un gamin dans une cour de récré. Nous, pauvres européens élevés au ras des pâquerettes, on sifflait comme des locomotives, obligés de marquer des pauses aussi longues que nos temps de marche. J'avais honte à chaque fois que je regardais ma montre, je voulais faire mieux, prendre sur moi, serrer les dents et limiter les temps de récup'. Impossible.

Edwyn m'avait dit que la coca faisait passer les maux de tête. Alors j'ai mâché de la coca en continu, espérant que ça ferait passer ma migraine version grand chelem (mal devant, mal derrière, mal aux tempes).

A mi-ascension, on a dû s'arrêter. Edwyn a conduit une cérémonie religieuse. Il a prié, fait des offrandes à la montagne. Il nous a fait prier intérieurement. " Remerciez la montagne de vous accepter et demandez-lui de vous autoriser à en redescendre sains et saufs ".

Il était complétement sérieux. Du coup moi aussi je me suis agenouillé et j'ai réellement remercié la montagne et je lui ai poliment demandé d'être gentille avec moi. Avec le recul, ça prête à rire. Mais je peux vous garantir qu'en situation, on rigole pas du tout. On la prie vraiment, la montagne.

Le Misti au coucher puis au lever.
Le Misti au coucher puis au lever.

Le Misti au coucher puis au lever.

Une fois redescendus à la route, après une bonne nuit de sommeil à plus de 4500 mètres, on a tiré jusqu'aux salines.

El condor tose
El condor tose
El condor tose
El condor tose

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