Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Wanegaine Tching Tchong

Charbon, patrons, administration, prison

2 Novembre 2014 , Rédigé par Battì Publié dans #Actu, #Charbon, #Shanxi, #Corruption, #Pauvreté

Charbon, patrons, administration, prison

Traduction d'un article du site Caixin sur les vicissitudes du charbon dans le nord du pays. C'est très exactement ce que raconte la première partie du magnifique A Touch of Sin.

L'original est ici : http://english.caixin.com/2014-10-24/100743023.html, c'est intéressant mais après lecture et traduction (et conversions) j'ai l'impression que les auteurs se sont plantés sur certains chiffres. Trop de zéros, probablement, ça embrouille.

Si vous n'avez pas vu A Touch of Sin, il va falloir sérieusement songer à y remédier.

Xing Libin
Xing Libin

Grandeur et décadence d’un eldorado du charbon dans le Shanxi

Un boom minier a rapidement sorti Luliang de sa misère chronique, mais l’effondrement des prix et la mise au jour de la corruption ont bouclé le cycle de la ville.

Par Tian Yuan, Ouyang Yanqin et Guo Qingyuan

À 187 kilomètres à l’ouest de Taiyuan, la capitale de la province septentrionale du Shanxi, la ville de Luliang est située sur un plateau sec de lœss raviné, sur les cours supérieur et intermédiaire du Fleuve Jaune.

La ville, qui s’étend sur 21 143 kilomètres carrés et compte 320 000 habitants, est devenue un point d’attention de la vaste campagne anti-corruption qui balaie le pays depuis fin 2012.

L’attention publique s’est tournée vers Luliang au mois de mars, quand Xing Libin, directeur de la plus importante compagnie minière privée de la province, Lianshang Energy, fut arrêté à l’aéroport de Taiyuan. Sa détention survenait juste après une enquête sur Jin Daoming, ancien directeur adjoint de la section provinciale du Parti (Communiste Chinois, NdT). M. Jin est l’un des plus importants fonctionnaires du Shanxi à avoir fait l’objet d’une enquête de la machine anti-corruption du Parti, la Commission Centrale de Contrôle de la Discipline (CCCD).

Nie Chunyu
Nie Chunyu

Un certain nombre de hauts fonctionnaires de la province carbonifère ont également été pris au piège dans l’opération anti-corruption, dont sept fonctionnaires de niveau vice-provincial.

Certains d’entre eux avaient d’étroits liens professionnels avec Luliang. En juin, la CCCD annonçait l’ouverture d’une enquête sur Du Shanxue, vice-gouverneur de la province et chef du Parti à Luliang de mars à novembre 2011.

Au mois d’août, Nie Chunyu, secrétaire général du Comité du Parti de la province, faisait l’objet d’une enquête. M. Nie avait passé huit ans à Luliang, dirigeant le comité local du Parti de 2003 à 2011. Depuis ce poste, il a vu la ville sortir de la pauvreté par la grâce d’un boom de l’industrie minière du charbon.

Peu après la chute de M. Nie, une enquête était lancée sur Bai Yun, un membre du comité local du Parti. M. Bai avait été membre du comité entre juin 2003 et février 2006.

D’autres fonctionnaires et hommes d’affaires liés à Luliang ont fait l’objet d’enquêtes, plaçant la ville dans l’ombre alors que l’industrie du charbon venait de rendre certaines personnes très riches.

Sortir de la pauvreté

Au début des années 2000, Luliang faisait partie des 18 régions les plus pauvres de Chine. Son sol était de piètre qualité et fréquemment frappé par la sécheresse. L’économie locale reposait fortement sur l’extraction de charbon et d’aluminium, mais la demande était faible.

Song Feng, fonctionnaire d’un comté (en gros, un arrondissement, Ndt) de Luliang, rappelle qu’avant 2002, lui et ses collègues s’étaient rendus à Taiyuan pour demander de l’aide de l’échelon provincial, « mais les subventions ne pouvaient pas résoudre le problème de la pauvreté ».

Charbon, patrons, administration, prison

Luliang a souffert de la sécheresse chaque année de 1997 à 2001. En 1998, le revenu fiscal de la ville était de 904 millions de yuans, moins que ce qu’encaisse un comté de l’est. Le revenu moyen des fermiers de Luliang en 1998 s’élevait à 1417 yuans (185 €). En 2000, le chiffre est descendu à 1105 yuans, et il est encore tombé l’année suivante à 1015 yuans (130 €).

Mais sous la surface de ce sol ingrat, Luliang était riche, notamment en charbon, en acier et en aluminium. Un minier local explique qu’à cause des limitations d’état sur les mines privées au cours des années 90, la plupart des exploitants travaillaient illégalement. Les prix bas et les accidents fréquents ne permettaient pas à de nombreuses entreprises de s’en sortir.

Charbon, patrons, administration, prison

Le tournant eut lieu en 2002, l’année où le gouvernement central a mis fin au contrôle des prix du charbon utilisé pour la production d’énergie. Les prix s’envolèrent. Les miniers disent qu’en 1999, la tonne de charbon était à moins de 50 yuans (4 € 50), mais début 2003 elle était passée à 160 yuans (20 €). Et cela n’a fait qu’augmenter durant toute la décennie.

En 2003, la production de charbon à Luliang atteignait 10 millions de tonnes et son revenu fiscal était de 2,3 milliards de yuans (300 millions d'€), par rapport aux 1,6 milliards de 2002 (208 millions d'€). En 2011, la production de charbon à Luliang s’élevait à 112 millions de tonnes, faisant d’elle la ville la plus riche de la province, et abritant nombre des habitants les plus riches du pays.

Charbon, patrons, administration, prison

L’ascension de Xing Libin

Une des personnes les plus prospères de la ville était Xing Libin, qui avait débuté sa carrière dans le charbon en 1990, fraichement diplômé de l’université. À partir de 1996, M. Xing a fondé plusieurs sociétés impliquées dans la production de coke et dans le lavage du charbon. Les actifs de ses sociétés s’élevaient à 360 millions de yuans (47 millions d'€).

Mais les affaires de M. Xing ont souffert en 1997, lors de la crise financière asiatique, qui déclencha une baisse constante des prix du charbon durant trois ans. En 2000, M. Xing a vendu certaines de ses usines et est retourné dans sa ville natale de Liulin, à l’ouest de Luliang, à la recherche de nouvelles opportunités.

En 2002, le comté a décidé de vendre une partie de la société minière d’état Xingwu afin de trouver des investisseurs extérieurs via des enchères publiques pour améliorer les performances de l’entreprise. Un document officiel montre que Xingwu disposait de 262 millions de yuans d’actifs (34 millions d'€), et de 193 millions de dettes (25 millions d'€). La société avait également un stock de 120 millions de tonnes de charbon de grande qualité.

M. Xing remporta les enchères. Un fonctionnaire proche de lui rappelle qu’il était capital de l’emporter car « le marché du charbon n’allait que s’améliorer ». Mais la transaction fut dénoncée. Certains prétendent que l’offre de 57 millions (7,4 millions d'€) de M. Xing était bien en dessous de la véritable valeur de Xingwu, et signifiait donc une perte pour l’état. D’autres assurent que l’enchère de M. Xing n’était pas la plus élevée.

Un employé du groupe Xing Liansheng, créé après la transaction, affirme que M. Xing a aussi acquis la dette de Xingwu, et a également payé 10 millions pour accéder aux revendications du personnel et encore 11 millions en acquisitions foncières.

« Les contrôleurs des enchères comptaient 40 fonctionnaires et membres du Parti, dont 39 ont voté pour M. Xing » dit cet employé.

Des sources proches de M. Xing disent qu’à cette époque, il ne disposait que de 10 millions, et que le reste des fonds provenaient d’avances qu’il avait obtenues auprès de ses futurs clients.

Charbon, patrons, administration, prison

Le rachat de Xingwu marquait le début de l’empire de M. Xing et l’a aidé à construire un réseau avec les fonctionnaires.

Des documents de l’entreprise montrent que l’ancien chef du comté Yan Guoping, qui dirigea la vente de Xingwu, devint le représentant de Shanxi Resources Liansheng Investment Company, une joint-venture entre Liansheng Energy et l’entreprise d’état China Resources Power Holdings Company, en 2009.

M. Yan avait été licencié fin 2008 pour mauvais management des activités minières.

Zou Zhongjia, ancien chef adjoint du comté de Liulin qui supervisait l’industrie du charbon, a lui aussi quitté l’administration pour rejoindre le privé à Sanya, dans la province du Hainan, dans une entreprise qui avait des relations professionnelles étroites avec M. Xing.

Une plage du Hainan

Une plage du Hainan

Le chef du Bureau du charbon à Liulin, Ma Xuegeng, a rejoint plus tard Liansheng Energy et en devint vice-président.

Devenir une cible

Un fonctionnaire de Luliang déclare qu’après 2003 « extraire du charbon signifiait argent, et tout le monde voulait en profiter. La collusion entre hommes d’affaires et fonctionnaires s’est établie très rapidement. »

Sans grande compagnie publique, la plupart des mines de Luliang étaient exploitées par des sociétés privées au cours des années 90. Quand le prix du charbon s’envola en 2003, les sociétés se lancèrent dans une recherche agressive de nouvelles ressources, et cherchèrent pour la plupart l’appui de l’administration. « Les fonctionnaires du comté, les dirigeants du Bureau de l’énergie, les élus de la ville et des villages sont tous devenus des cibles, » ajoute ce même fonctionnaire.

Toujours en 2003, le gouvernement de Luliang a procédé à une réorganisation du personnel car la ville est passée du statut de préfecture à celui de ville. M. Nie, Bai et Zhang étaient tous en poste à Luliang cette année là.

Charbon, patrons, administration, prison

En janvier 2003, M. Nie fut désigné chef adjoint du Parti et maire de Luliang après 19 ans de services au sein du gouvernement provincial. M. Zhang, qui travaillait avant au comté de Zhongyang, fut promu à Luliang en tant que maire adjoint responsable de l’industrie du charbon. En juin, M. Bai, ancien responsable de la Ligue des Jeunesses Communistes, fut nommé chef adjoint du Parti à Luliang.

Face à l’augmentation des prix, le gouvernement de Luliang a mis en place une politique visant à soutenir le développement d’un secteur privé dans l’extraction du charbon, la production de coke et le raffinage de l’acier. Les entreprises comme Liansheng Energy, Datuhe Coking ou Zhongyang Steel se sont rapidement développées par le biais de fusions et d’acquisitions.

M. Zhang, fonctionnaire plein d'amis
M. Zhang, fonctionnaire plein d'amis

Après avoir acheté Xingwu, l’entreprise de M. Xing, Liansheng Energy, a développé ses actifs à hauteur de 1,2 milliards de yuans, incluant 15 filiales, 14 mines de charbon, et une usine de raffinage du charbon. Datuhe Coking, fondée en 2002, a bâti tout une chaine allant de l’extraction, au tri, au raffinage, jusqu’à la production d’énergie. Des documents officiels montrent que fin 2003, la valeur des entreprises privées à Luliang s’élevait à 8,4 milliards de yuans (1,1 milliard d'€), soit 65 % du PIB.

Les années suivantes, des entrepreneurs comme M. Xing, M. Jia Tingliang (fondateur de Datuhe Coking) ou Yuan Yuzhu (président de Zhongyang Steel) étaient tous classés parmi les personnes les plus riches de Chine.

Yuan Yuzhu, des aciéries Zhongyang (mars 2014)

Yuan Yuzhu, des aciéries Zhongyang (mars 2014)

Selon des sources locales ainsi que de vieilles connaissances, les activités de M. Yuan ont reçu une grande aide de M. Zhang, qui lui a bénéficié du soutien de M. Yuan. Pendant ce temps, le développement des affaires de M. Xing obtenait le soutien de M. Nie, qui fut par la suite promu au poste de secrétaire général du comité du Parti de la province.

Un haut fonctionnaire du gouvernement provincial a déclaré que nombre des remaniements au sein de l’industrie du charbon ont créé des opportunités d’entente pour les fonctionnaires et les hommes d’affaires. En 2004 et 2008, le gouvernement provincial a mis en place des politiques encourageant la consolidation du secteur. À Luliang, le nombre de mines de charbon en activité est passé de 355 en 2008 à 115 en 2009.

Les fameuses enveloppes
Les fameuses enveloppes

Une solide relation avec les fonctionnaires permettait aux propriétaires de mines de survivre et de gagner de nouvelles opportunités lors des restructurations. Un exploitant minier de Luliang dit que pour chaque Nouvel An, il mettait de côté 1 million de yuans (130 000 €) pour faire des cadeaux aux fonctionnaires locaux. « Envoyer des cadeaux aux fonctionnaires avant les vacances vous aidait à obtenir un meilleur environnement pour les affaires, » dit-il.

Un autre patron du secteur a déclaré que sa mine avait reçu un ordre de fermeture et une sanction parce qu’un fonctionnaire avait sciemment jeté un mégot de cigarette par terre durant une inspection de sécurité.

« Le développement du secteur privé repose sur le soutien du gouvernement » dit cet exploitant. « Mais parfois, un fonctionnaire peut utiliser ses pouvoirs pour détruire une entreprise. À Luliang, les entreprises privées et les propriétaires de mines ont profité de la hausse des prix du charbon, mais c’est avant tout lié aux fonctionnaires locaux. »

L’or noir brille

Tandis que la collusion entre privé et public se répandait à Luliang, la fraude devint banale dans les nominations de fonctionnaires. En juin 2009, Luliang, dirigée par M. Nie, annonçait un plan pour sélectionner les chefs de ses 13 comtés. Des procédures électorales strictes furent annoncées. Mais un fonctionnaire local dit que la procédure pouvait « sembler juste, mais sans supervision externe, il y avait possibilité de frauder à tous les étages. »

En effet, un candidat qui se décrivait comme chef adjoint de comté mit en ligne par la suite un article où il expliquait avoir dépense 4 millions de yuans pour obtenir un haut poste, mais qu’il avait perdu face à un candidat qui avait dépensé plus. L’auteur de cet article explique que les fonds destinés à acheter les votes venaient en partie d’entreprises. Il dit que Luliang était un des endroits de Chine où le niveau de fraude était le pire.

Li Yi, ancien fonctionnaire à Luliang et subordonné de M. Nie, a déclaré que les chef de comtés et de districts recevaient généralement entre 50 000 et 100 000 yuans de cadeaux de leurs collaborateurs de rang inférieur, avant les vacances du Nouvel An. Certains recevaient un total de 5 millions en tout (650 000 €).

Ceux qui refusaient d’envoyer des cadeaux n’obtenaient pas de promotions, a déclaré M. Li.

L’élection de 2009 devint célèbre et a déclenché des appels à plus de surveillance des fonctionnaires, mais au final personne ne fut sanctionné.

En janvier 2011, M. Nie a quitté Luliang et fut promu à un plus haut poste à Taiyuan. Son successeur fut Du Shanxue, qui a été chef du Parti à Luliang pendant un an et fut promu au gouvernement provincial en 2012. Plusieurs sources locales affirment que l’argent des miniers de Luliang a aidé M. Du à obtenir cette haute fonction.

Taiyuan de nuit
Taiyuan de nuit

Après un bref ralentissement en 2008, l’économie de Luliang fut remise sur les rails grâce à un plan de relance de Pékin de 4000 milliards de yuans (500 milliard d'€ !). Deux ans plus tard, le PIB de la ville était de 80 milliards de yuans (10 milliards d'€) et témoignait de sa croissance, la plus élevée parmi les villes du Shanxi.

En 2012, le maire Ding Xuefeng a mené un ambitieux projet visant à créer un nouveau district, coutant 30 milliards de yuans sur trois ans. Dans le même temps, la ville poursuivait la consolidation de son industrie du charbon.

Liangsheng Energy désirait participer à ces projets. Resources Liansheng, son association avec China Resources, a fait l’acquisition de 12 petites mines à Luliang pour 7 milliards de yuans. L’entreprise a également payé 4,9 millions pour s’offrir l’une des plus grosses compagnies minières de la ville, le groupe Luliang Loujun. Celui-ci possédait trois mines de charbon d’une capacité de production certifiée de 3 millions de tonnes par an.

Dans le même temps, M. Xing a étendu son champs d’activités au delà de Luliang en achetant ou en investissant dans des mines, des usines et des sociétés de production d’énergie dans d’autres villes de la province. Les activités du groupe Liansheng s’étendaient à la mine, l’énergie, l’immobilier, l’agriculture et d’autres secteurs.

Des documents de l’entreprise montrent que fin 2011, Liansheng Energy valait plus de 60 milliards de yuans (7,8 milliards d'€) et comptait 36 000 employés. Le groupe possédait 38 mines d’une capacité de production totale de 35,5 millions de tonnes par an. Avec une fortune personnelle de plus de 4 milliards de yuans (520 millions d'€), M. Xing faisait partie des dix personnes les plus riches de Chine en 2007 et 2008.

Charbon, patrons, administration, prison

Mais les beaux jours se sont assombris en 2013 quand le marché du charbon a commencé à décliner suite au ralentissement économique. Le prix moyen du charbon a chuté entre 200 et 300 yuans la tonne, soit environ la moitié du prix de la période 2008-2010. Cette année là, le gouvernement de Luliang a annoncé que son revenu fiscal était de 16,4 milliards de yuans, soit environ la moitié du montant perçu en 2012.

L’empire de M. Xing a été affecté par des problèmes de dettes suite à des années de développement agressif. En novembre 2013, Liansheng Energy a demandé à un tribunal de Liulin une restructuration de sa dette. Les documents du tribunal montrent qu’en septembre de cette année, Liansheng avait levé 26,8 milliards, dont 15,3 en emprunts bancaires et 7,3 en prêts de confiance.

A la fin de l’année, l’entreprise s’acquittait de remboursements pour un total de 5,2 milliards.

M. Xing admit publiquement que son entreprise devait réduire sa production de moitié pour cause de manque de liquidités. Un dirigeant de Liansheng Energy a déclaré que les dettes s’élevaient à plus de 32 milliards et que l’entreprise ne pourrait pas rembourser. Le groupe avait contracté des emprunts auprès de neuf autres compagnies de Luliang et Taiyuan, accumulant 150 milliards dans un gouffre sans fond de dettes.

C’est alors que la campagne nationale anti-corruption s’abattit sur la province, particulièrement sur Luliang. Depuis décembre 2013, le maire Ding n’est pas apparu en public et aucun communiqué officiel n’a fait état de son statut. En février, la province annonçait qu’il était relevé de ses fonctions. Un mois plus tard, M. Xing était arrêté.

Charbon, patrons, administration, prison

Au cours des mois suivants, beaucoup de fonctionnaires et d’hommes d’affaires impliqués dans le développement de Luliang ont fait l’objet d’enquêtes. En mai, M. Zhang était à son tour placé sous investigation par la CCCD, et trois mois plus tard M. Nie était interrogé. Plus tard, M. Yuan de Zhongyang Steel, M. Jia du groupe Datuhe, et nombre d’autres entrepreneurs étaient arrêtés. Un colossal réseau de corruption liant secteur privé et administration se fait jour au fil des découvertes des enquêteurs.

L’économie de Luliang a enduré une chute rapide entre les chocs économiques et politiques. Les piètres performances de l’industrie du charbon et l’absence de source de croissance alternative ont replacé son économie parmi les plus mauvaises du Shanxi au cours du premier semestre de cette année.

Luliang est la ville d’un grand nombre de riches personnes, mais sa population pauvre reste très importante. Six des 13 comtés de la ville figurent parmi les plus pauvres du pays. « Luliang est toujours la ville du Shanxi qui compte le plus de pauvres, » déclare un fonctionnaire de la ville.

Le revenu annuel moyen des fermiers, qui représentent les quatre cinquièmes de la population de Luliang, était de 6000 yuans l’an dernier, par apport 4552 yuans dix ans plus tôt. Un petit nombre de personnes sont devenues riches avec le boom du charbon, dit ce fonctionnaire, mais à long terme, Luliang est partie pour connaître une sale période.

Charbon, patrons, administration, prison

Partager cet article

Commenter cet article