Le sac à main qui vous donne l'air d'une bombe.
Et une private joke, désolé : Comment écrire Bonhoff au singulier ?
Le sac à main qui vous donne l'air d'une bombe.
Et une private joke, désolé : Comment écrire Bonhoff au singulier ?
Sur place, première surprise : il y a un télécabine. Tout compte fait, oui, c'est logique, la Muraille suit une ligne de crête. Et une ligne de crête, par définition, il faut y monter. Ici, il y a quand même une heure de grimpette à pieds.
Arrivé, là haut, il faut marcher ciqn minutes avant de déboucher sur la chose :
A Jinshanling, on arrive dans un secteur qui n'a été que partiellement rénové. Arrivé à la Muraille, si vous la suivez vers la gauche, c'est d'origine, à droite ça a été retapé. C'est bien, ça permet de comparer.
Tracée pour profiter au mieux du relief, cette digue prend parfois des allures de montagnes russes. Il parait que certains passages sont impraticables pour les personnes ayant peur du vide. Et rien qu'ici, déjà, il y a quelques endroits impressionnats.
Quand c'est vraiment trop raide, le chemin de ronde prend la forme d'un escalier.
... des escaliers parfois Chichenitzesques.
Les tours de garde sont assez maousses, mais certaines sont vraiment en sale état. (limite dangereuses, d'ailleurs)
Ici, on voit clairement où se sont arrêtés les travaux.
Ici, un état de rénovation intermédiaire : rien n'a été reconstruit, mais on a fait en sorte que ça cesse de dégrader.
C'est le plus loin que j'ai pu aller (en direction de Simatai). Un peu frustrant, faut avouer. Si on en fait la demande, on peut obtenir une autorisation pour camper sur site et ainsi enchainer les journées de rando sur la Muraille. Si je trouve des candidats, je dis pas que je le ferai pas un jour...
Et maintenant, changement de crémerie ! La Muraille rénovée :
Le neuf est visiblement distingable du vieux. Et personnellement, dès que ce principe est respecté, je suis content. Le résultat est en tout cas très beau et très impressionnant. Et moins casse-gueule.
Les plus observateurs l'auront noté : il n'y a pas un chat. Je déguste comme un gros dégueulasse privilégié. On est en semaine, le week end du Premier Mai vient de se terminer, c'est un site moins célèbre : les ingrédients sont tous là. C'est vide, c'est silencieux, j'entends les oiseaux, j'entends le vent qui souffle par à coups dans le maquis ou s'engouffre dans les diverses ouvertures de cette construction délirante. Le ciel est bleu, le soleil décline, c'est magnifique.
A comparer avec Badaling : Photo 1 - Photo 2
Pour la minute encyclopédique, il y a Wikipédia.
Je redescends. Mon chauffeur et moi sommes pile à l'heure. Nous repartons. Après dix minutes, arrivé au portail du site, deux touristes avec sacs à dos. Il les interpelle, il vont à la Muraille. Ils fixent un prix. Il les embarque et fait demi-tour.
"I am sorry" qu'il me dit.
Je dis rien, mais je fais la gueule.
Nous arrivons à nouveau au parking de Jinshanling. Dépose du couple de touristes. Nouveau demi-tour, on repart vers Minyun. Silence.
Mon chauffeur me regarde à nouveau. Après un moment, il me dit "Thank you".
Silence.
"C'est quarante yuans en dix minutes"
Silence.
"Je leur ai fait un bon prix, c'est des chinois".
Je lève un sourcil.
- Ha bon ? Et pour des occidentaux ?
- Quoi, la même course ? J'aurais demandé 80 ou 100 yuans. Ça dépend de quoi ils ont l'air.
Je hoche la tête d'un air scandalisé. Mais je rigole en dedans. Je ne peux pas résister :
- Et si ça avait été des japonais ?
- Des japonais ? Ha ha ! je leur demande direct 200 yuans à ces cons !
J'éclate de rire.
Il me regarde, il se marre, à moitié surpris, à moitié fier de lui.
Sur la route, la Muraille me poursuit, me fait coucou.
Puis nous arrivons à Minyun où je reprends mon bus 153. C'était une chouette journée.
Alors la Grande Muraille, ce fut une autre paire de manches. Jusque là, c'était pépère : métro, fastoche, pas cher, rapide, ticket d'entrée, visite, audio-guide, photos, merci, au revoir.
Tranquille.
Mais elle, la Muraille, elle n'est pas en ville. Il faut quitter Pékin. J'ai encore fait mon rebelle, et décidé de ne pas faire appel aux voyages organisés. Je suis parti tout seul, comme un grand.
Je me suis donc rendu à la gare routière. J'ai choisi d'aller voir la Muraille à Simatai. Parait que c'est beau et pas trop fréquenté. Pour aller à Simatai, il faut prendre le bus jusqu'à la ville de Minyun, puis prendre un minibus à touristes. Alors je cherche le bus pour Minyun, je regarde attentivement les panneaux. Une dame m'aborde, très gentille, elle parle assez bien anglais.
"Minyun ? Vous visitez la Grande Muraille ? C'est le bus 153, c'est là-bas, suivez-moi". Elle ne porte aucun signe distinctif, ni badge, ni brassard. Je trouve ça louche. Je la suis, méfiant. Je vois le panneau Minyun 153, il y a une longue file d'attente de petites gens encombrées de valises et de cartons mal ficelés. Je m'apprête à intégrer la queue, la dame m'interpelle : "Non, par là, venez". Nous contournons les grilles, j'ai fumé toute la file. Et personne ne bronche. Le bus arrive. "Voilà, c'est votre bus". Bon, c'est le moment où elle va me demander des sous pour son aide indispensable, me dis-je. "Allez, bonne journée, bonne visite !" Je suis vraiment un connard, elle était juste gentille et serviable et souriante et désintéressée. Le coeur léger, réconcilié avec le genre humain, je monte dans le bus. On ne me fait pas payer. Zut, me revoilà soupçonneux.
La route défile, je laisse mes soupçons paranoïaques dans la capitale. Une heure plus tard, nous arrivons dans la grande banlieue de Minyun. Le bus commence à faire des arrêts, les voyageurs descendent au fur et à mesure. Et puis tout-à-coup, à un arrêt, un homme monte, vient me voir : "C'est vous qui allez à Simatai ? Il faut descendre ici". Pas le temps de trop réfléchir, je me lève, et tandis que je descends les marches du bus, je me demande comment il sait qu'il y a un européen qui va voir la Grande Muraille dans ce bus. Et là je revois la dame de la gare routière qui me regarde monter dans le bus, elle fait un clin d'oeil au contrôleur qui lui répond d'un petit signe de tête, et tandis que le bus s'éloigne, elle saisit son téléphone portable. "Dédé ? Cest Lulu, il y a un français qui va à Simatai dans le bus de 8h25... Ouais... À plus, bisous".
Putain de putain.
Me voilà au milieu d'une banlieue désertique, seul avec deux gars, à côté de leur petite berline, sous le soleil qui cogne dur aujourd'hui.
- Bon, Simatai... bla bla... marche... visite... blabla... ticket d'entrée...
- Ouais. Combien ?
- Je vous dépose au parking, vous avez le temps de visiter les tours du secteur...
- Combien ?
- Alors à partir d'ici il y a une heure de route, plus encore trente minutes pour aller jusqu'au parking...
- Combien ?
- 600 yuans.
J'éclate de rire et me tourne vers la six voies. Un autre bus 153 arrive, parfaitement synchro. Je l'arrête d'un mouvement de main imperceptible. Derrière moi, le gars me demande "Bon, d'accord, alors combien ?" Le bus se gare, la porte pile bien en face de moi. Je monte, les mecs derrière gueulent, ils sont furax. Le bus démarre. Bye, les entubeurs. J'ai fait une sortie de héros de cinéma ! La classe totale !
Au terminus, un conducteur de minibus vient me voir. Son anglais est affreux mais il a une bonne tête. "Grande Muraille ? Okay, je fais l'aller-retour plus l'attente au parking" On négocie. 200 yuans.
"Je vais à Simatai"
- Simatai, close.
- Okay, super.
- You go look Jinshanling.
- Hein ? Not Jinshanling ! Simatai !
- Yes. Simatai close. Jinshanling very nice.
Il veut absolument m'amener à Jinshanling. Mais pourquoi ? J'insiste lourdement pendant qu'on roule. On va bien à Simatai ? Et toujours il me répond "Yes" et "Simatai close" et il mentionne Jinshanling. C'est bizarre. A nouveau je me méfie. Close... oui, c'est vrai que les deux sites sont proches, mais je vois pas le rapport.
Nous roulons. Nous arrivons à un embranchement. Le gars arrête le fourgon devant un grand panneau bilingue. Pour cause de rénovation, le site de Simatai est fermé.
Close.
Le gars me regarde. "Simatai close"
- Closed.
- Mmm ?
- ClosED
- Hooooo ! Closed ! Sorry, my engliss very bad ! Closed.
- It's okay, no problem. So, can you take me to Jinshanling ?
- Yes, Jinshanling, very nice ! ................ closED......... closED...
Un peu excentré, vers le nord-ouest (mais pas trop : on peut y aller en métro quand même), la demeure estivale de sa Majesté.
Dès l'entrée, on est accueilli par le dragon (l'empereur) et le phoenix (l'impératrice). Puis on débouche sur le lac Kunming.
Ils se faisaient pas chier, quand même...
Le portique d'entrée, parfait pour faire de jolies photos en contre-plongé.
Rutilantes peintures : merci les Jeux.
Un bon touriste est un touriste mort.
Accès n°1 : une rampe latérale pour le menu fretin
Accès n°2 : l'escalier central du boss
Accès interdit, je ne sais pas ce que c'est.
Sous les galeries, chaque travée a son illustration propre. Il y a des centaines (des milliers ?) de travées. Les visiteurs ne lèvent même pas les yeux : il y en a trop. Si vous voulez toutes les admirer, la visite prend une semaine.
Ces décorations sont de qualité très inégale. Il faut dire que les français ont un peu ravagé les lieux en 1860. La véritable restauration a été faite pour les JO, d'où l'aspect clinquant. Mais du coup, une question me taraude : des belles et des moches, lesquelles sont des peintures d'origine ? lesquelles sont le fruit de la restauration?
Ci-dessus, une jolie.
Il y a à l'intérieur une énorme statue de Bouddha. Les photos sont interdites. Les gens prennent des photos. Ils s'en battent les steaks. Un chinois qui part faire le touriste en Inde et se comporte comme ça, il est lynché dans l'heure.
Un autre temple. A nouveau, photos interdites. Mais ils ont quand même trouvé le moyen d'y installer une boutique. A trois mètres à droite de l'étal à éventails merdiques et porte-clefs pourris, des gens se recueillent.
La face nord de la colline.
Quelques chiffres :
- 290 hectares (dont 220 pour le lac)
- 3000 batiments
- 420 000 arbres (dont beaucoup sont centenaires)
- 1700 salariés
On continue avec les pérégrinations dans la capitale. Je n'aime pas du tout enchainer les sites "à voir" comme on raye un par un les produits d'une liste de course. De temps en temps, je pars marcher, juste comme ça.
Ce panneau, à mon avis, il n'existe qu'en Chine.
Complétement par hasard, je suis tombé sur ce très bel endroit. C'est une annexe de la Bibliothèque Nationale, consacrée aux ouvrages anciens. Pas de visites, m'a fait comprendre le vigile d'un air désolé.
C'est le centre ville de Pékin. J'aurais jamais cru.
Le meilleur nom d'hôtel au monde.
Ha, on arrive dans les quartiers chics...
Le parking d'un 5 étoiles. Porsche, Buick, Range Rover, Audi... on se croirait au Mondial de l'Auto.
Une église ?!
Le coin "street food" pour touristes. C'est beaucoup mieux rangé et organisé que chez moi.
La vitrine d'une papeterie.
La nuit est tombée sur les enseignes de luxe de l'avenue Wangfujing. Hermes, Longines, Dior, Rolex, Armani... ils sont tous là. Sans forcément acheter, les chinois sont dingues de shopping. Mais à quelques exceptions près, on ne trouve ici aucune enseigne qu'on ne puisse trouver dans n'importe quelle autre ville. Les marques de luxe sont partout (pour situer le niveau : même dans mon petit bled, il y a une boutique Mont Blanc).
Comme à Shanghai, les gens ont un certain style, ils savent s'habiller. Les filles d'ici n'ont strictement rien à envier aux parisiennes.